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Bilan de l'expérimentation C2i2e   Lecture : Public, Modification : Public

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Dernière mise à jour le 5 Octobre 2011 par Jézabel Roullée

Lors de la réunion du 13 septembre, trois sous-groupes sont constitués afin de faire émerger avec les pionniers ce qui – dans le cadre de cette expérimentation – leur a plu, déplu, quelles sont leurs attentes, ainsi que leurs préconisations.

« Ce qui nous a plu » :

L’outil Elgg a été apprécié notamment pour ses fonctionnalités. Pouvoir créer des passerelles entre Elgg et d’autres outils, pouvoir y agréger des flux variés, faisait de cette plateforme un outil interopérable, ouvert, avec le sentiment de travailler dans un « espace de confiance » dédié à des travaux expérimentaux.

La méthode d’animation qui favorisait la mixité des publics, la constitution de binômes  ; a permis aux pionniers de s’ouvrir à d’autres outils que les autres membres du réseau pratiquaient, et de découvrir par la même occasion d’autres réalités professionnelles.
Ce travail en groupe a permis de créer du lien, de développer le réseau social des uns et des autres et de découvrir de nouveaux projets et acteurs.
Le croisement entre représentants d’Organisme de Formation et Espace Public Numérique a été source de richesse, elle a permis à chacun de s’interroger sur ses propres pratiques, de prendre du recul sur sa façon de travailler. Et si la complémentaire entre les OF / EPN était déjà pressentie, elle s’est concrètement réalisée lors des travaux en binôme : par exemple l’un ayant une connaisse fine sur la pédagogie, l’autre ayant des usages numériques avertis.

En terme d’animation, la disponibilité de l’équipe d’accompagnement FormaVia a été fortement appréciée : facilement joignable par mail, skype ; leur réactivité en mode « commentaire » sur les productions publiées sur la plateforme était encourageant pour les pionniers. Cette animation omniprésence maintenait une dynamique et a permis de gagner du temps.

La « Conciergerie du jeudi » qui consistait à prendre RDV entre midi et 2 pendant 1 heure avec un membre de l’équipe d’animation, pour mieux appréhender les fonctionnalités de la plateforme sociale Elgg, est une méthode d’animation appréciée.

D’avoir été à l’origine du projet
, de « construire ensemble », de participer à la réflexion sur le référentiel pour l’adapter « sémantiquement » à notre secteur - même si cela à apporté quelques désavantages qui seront exprimés plus loin - était valorisant et stimulant. En position d’initiateur, précurseur et non exécutant à tester un dispositif « imposé », ils ont contextualisé un référentiel, construit un parcours, élaboré un dossier de preuves.

Cela a également permis d’initier au sein de leur organisme une réflexion sur la certification des formateurs.
Le caractère expérimental du projet (« on avance en marchant ») couplé au fait d’être dans une démarche VAE offrait un cadre non contraignant : les pionniers se sont sentis libres d’écrire, libres de choisir leurs supports.
 Les temps de rencontres physiques ont contribué également à l’émulation du groupe, et les sous-groupes ont été rassurant.

« Ce qui nous a déplu » :

Le référentiel était jugé abscond, parfois redondant, mais surtout complexe dans sa compréhension, aussi des exemples de situation auraient pu permettre de mieux comprendre ce qui était attendu.

Ayant parfois des consignes imprécises, un cadre de travail « flou » sur la façon de remplir son dossier de preuve, les pionniers se sont sentis trop « libres ». Si cela peut-être intéressant d’un point de vue pédagogique - car cela a favorisé pour certain l’entraide au sein du binôme - cela a pu freiner les productions avec une difficulté à se lancer.

Le temps d’immersion a été perçu comme « long », pour autant le temps imparti était trop court pour la réalisation des dossiers de preuve, surtout à une période où bon nombre d’organisme devait répondre à des appels d’offre.
Au départ le travail était fortement « communautaire », collaboratif et la constitution des « binômes » a permis d’avancer sur les dossiers de preuve. Ceci dit les pionniers expriment le regret de n’avoir pas retrouvé un mode de travail plus « collaboratif » à l’issue de la production des dossiers de preuve.
Les pionniers ont exprimé unanimement leur difficulté à prouver certaines compétences. « Quels éléments peut qualifier la compétence que j’avance, le dire ne suffit pas… comment qualifier une preuve ? Est-ce que la preuve que j’apporte est suffisante ? quel est le niveau d’exigence attendu ? » Telles sont les questions qu’ils se sont posées, et qui aurait facilement pu être débloquées si un tuteur les avait aidé.
Certains ont eu du mal à s’approprier l’espace de travail collaboratif et se sont senti « perdus ».

« Nos attentes » :

Outre le fait d’être en attente d’être certifié, ils attendent des éléments plus précis sur la mise en application du C2I au sein des structures. Quel sera le plan d’accompagnement à la professionnalisation des formateurs ? Quelle sera la disponibilité des formateurs ? Quel coût cela aura-t-il ? Des cours en ligne permettront-ils de se former à distance ?

Des précisions sur le coût financier sont demandées. Le C2I nécessite de payer 241 euros droit d’inscription à l’université, ce qui délivre une carte d’étudiant. Si pour les pionniers, une négociation commerciale peut s’envisager, pour les prochains candidats, cela coûtera en plus des droits d’inscription à l’université, soit 850 euros. Il faudra en informer très en amont les intéressés car ce coût peut-être intégré dans le plan de financement de formation (DIF).

Tous sont unanimes sur la nécessité d’évaluer le travail qui a été réalisé, de produire un document de valorisation de l’expérimentation facilement communicable qui viserait : d’une part les publics cibles (les formateurs, leurs dirigeants pour sensibiliser à l’enjeu de la certification), mais également à destinations de partenaires, d’autres Régions…

Il est attendu également plus de visibilité sur les implications possibles des pionniers dans la phase 2. Comment va s’organiser la suite du projet ? Quels seront les rôles respectifs de chacun ?

« Nos recommandations » :

  • Baliser et créer le parcours,
  • Avoir une bonne lisibilité sur la méthodologie
  • Faire un guide et/ou un dossier exemple explicitant comment valoriser les compétences, adapté au public car la liberté d’interprétation est trop grande.
  • Avoir plus de soutien dans les lectures et les travaux croisés.
  • Disposer d’un référent « tuteur », définir un temps de tutorat identifié pour chacun
  • Avoir plus de repères sur ce qui fait « preuves »
  • L’augmentation en compétence des pionniers sur la notion de dossier de preuve, peut permettre de tutorer la deuxième vague de candidats.
  • Instaurer un parrainage collectif
  • Organiser un temps de travail en présentiel pour travailler sur les dossiers de preuve (ex : en atelier, ou sous le mode « conciergerie du jeudi »)
  • Sensibiliser les décideurs des organismes, car ils sont loin d’avoir pris conscience des enjeux de la certification
  • Communiquer et valoriser cette expérience à travers des témoignages de pionniers
  • Prévoir une phase de formation pour les formateurs qui sont peu à l’aise (pré-requis)

 

Questions / réactions :

Emmanuelle Villot-Leclercq s’interroge sur le référentiel utilisé, car il y en a un plus récent que celui de 2010. Elle précise qu’il est important de ne pas tomber dans l’écueil d’expliciter chaque item (cf document d’accompagnement n°2 de 2010), et d’avoir une démarche par action / situation.
Quid de la démarche réflexive dans le dossier de preuves ? L’équipe d’animation précise qu’elle est présente dans les discussions en mode commentaires à la fins des articles, mais insuffisamment valorisée dans les dossier de preuves.

Emmanuelle Villot-Leclercq s’interroge sur le temps passé à la constitution du dossier de preuve.
Cela est de l’ordre de 4.5j de travail individuel ou 50-60 h pour la constitution du dossier de preuves.
Le travail a été réparti en :
-    réunions présentielles (3 de 0.5j)
-    travail collectif à distance
-    travail individuel et échanges avec son binôme

Intervention de Jean-Michel JULLIEN.
Il faut veiller à contextualiser les preuves, dans le cadre d’une situation de travail. Il ne faut pas tomber dans l’écueil d’expliciter chaque compétence ; c’était l’erreur que le Ministère avait fait avec le 1er référentiel. Aujourd’hui il faut parler de situation de travail qui mobilise telles et telles compétences.
Comment peut-on interpréter « une preuve » : c’est un objet, une action, mais aussi une réflexion. En lisant quelques dossiers de preuve, il manquait les aspects réflexifs. Lorsqu’on évalue un étudiant, c’est la dynamique de développement de compétence qui est attendue, aspect sensiblement différent lorsqu’on s’adresse à un public de professionnel.

Les compétences portent sur 3 éléments :
- Sur l’activité réalisée : il faut décrire la situation. Préciser si c’est une projection, une situation réelle, simulée, si la situation est complexe, inédite.
- Sur les ressources : on utilise tel(s) outil(s), parfois les ressources sont confuses, multiples, uniques. La pièce témoin est-elle individuelle, collective.
- Sur la distanciation : les actions doivent être justifiées, avoir une pratique réflexive ect…

Il faut compléter les dossiers avec une dimension réflexive, en racontant des actions, des situations, en faisant part de des ressentis. Il faut privilégier la description des situations, des gestes professionnels et pointer le lien vers les portfolios.

Dans le cadre de la phase 2 : il s’agit d’observer, d’évaluer le dispositif. Pourquoi ne pas imaginer que les pionniers deviennent « évaluateurs C2i » ce qui impliquera de clarifier le modèle de compétences. L’université sera intéressée pour recruter des professionnels du secteur de la formation continue afin d’évaluer des C2I.
L’augmentation du niveau de réflexion est important notamment pour ceux qui souhaitent devenir évaluateur.

Suites pour la certifications des dossiers de preuves des pionniers :
- finaliser le cadre administratif
- ouvrir les accès dans EmaEval
- finaliser les dossiers de preuves dans elgg afin de faire les liens dans EmaEval
- profiter de cette phase de finalisation pour identifier les familles de situations qui permettront de construire un guide d’accompagnement adapté pour la formation continue

Sur le coût du C2i2e :
-    phase 1 pionniers : la gratuité de la formation est demandée par Lyon 1. Seuls les frais d’inscription au DU seront à la charge des candidats, soit 240€.
-    Phase 2, le coût devrait être de l’ordre de 840 € avec prise en charge possible par le plan de formation.