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Décembre 2010

La culture numérique avec un grand K (Accès: Lecture : Public)

le 30 Décembre 2010 par François Duport   Commentaires (1)

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culture numérique, ingénierie pédagogique

 

La culture numérique diverge largement du modèle des années 70 quand il était de la culture des médias (Télévision, images). Nous passons d’un modèle de mass-média passif à des médias participatifs et actifs. C’est-à-dire d’être en capacité d’être acteur du « web social » en faisant partie intégrante du médium.

En quinze ans seulement, 5 milliards d’individus se sont dotés d’un téléphone portable, et 3 milliards d’un accès à Internet.  On constate que l’adoption du web mobile concerne, en premier lieu, les foyers défavorisés. La formation continue doit-elle s’y intéresser activement. Comment et pourquoi ?

Les TIC sont incontournables et participent activement aux moyens d’apprentissage, mais aussi d’insertion professionnelle, d’insertion sociale et citoyenne, pour peu qu’on dépasse une vision outils. Entre les techno-septiques et les techno-utopistes, soyons réaliste. La technologie n’est pas une baguette magique, mais pour le découvrir il faut savoir la manier. Difficulté supplémentaire, c’est que nous sommes toujours en retard d’une (r)évolution.


Culture numérique pour tous

 

Le principe de fracture numérique –ou e-inclusion- est composé de trois mécanismes de renforcement :

  • L’accès aux technologies : il y a la fracture subie où la personne n’a pas accès à un ordinateur ni à une connexion. C’est l’enjeu des infrastructures et de programmes comme ordi 2.0. Selon la dernière étude du CREDOC (2010), trois Français sur quatre sont désormais équipés d’un ordinateur au domicile et ont accès à Internet.
  • Le différentiel social : “Avec une capacité limitée en matière d’alphabétisation, d’éducation, de liens sociaux, d’influence politique, la valeur de la technologie est elle-même limitée” explique Kentaro Toyama. Ainsi toujours selon le CREDOC, les trois quarts des individus qui disposent d’un accès à Internet à leur domicile l’utilisent tous les jours, 16% en font un usage hebdomadaire et 5% seulement ne l’utilisent jamais.  Les programmes d’e-inclusion visent à réduire cette fracture numérique et sociale.
  • Les pratiques d’usage : que faisons-nous avec ces technologies ? Pas grand chose. Nous repoussons à demain les bénéfices qu’ils devraient nous apporter demain. Nous agissons à l’aveugle en suivant les mouvements de foule, avec un usage par tâtonnement et essai/erreur. Et cette situation devrait encore durée de nombreuses années. Pourtant, suite à une étude inédite, sur l’apport du numérique dans la réduction des inégalités professionnelles hommes/femmes, Nathalie Wright, chargée du programme Diversité chez Microsoft France commente : « Nous avons toujours eu la conviction que le numérique libérait les femmes, en permettant le travail de la maison, en horaire décalés, en rompant l’isolement, ou, plus prosaïquement, en permettant l’accès aux offres d’emplois. Cette étude corrobore nos intuitions et nous incite à l’action ».

 

ExplorCamp agents DEFC RégionIl y a là, une histoire d’appétence en front renversé. L’usage réduit le différentiel social et favorisant l’accès naturel aux technologies. En d’autres termes, l’usage crée la demande. Cela demande une démarche prenant en compte le besoin de l’utilisateur. C’est ce que souligne la Synthèse de la consultation publique du volet « contenus et usages numériques » des investissements d’avenir : « l’implication des usagers au sein des projets à travers une démarche bottom-up apparaît comme une condition nécessaire à la réussite du plan de développement. Cette implication devra à terme se traduire par une réelle formation des enseignants aux nouveaux outils, sous peine d’un rejet de ceux-ci. »

Ce qui est vrai pour les populations en difficultés peut l’être aussi dans des contextes professionnels diversifiés. L’usage des technologies ne se limite plus au col blanc. Sa pratique est indispensable pour retrouver un emploi. Plus encore, ces pratiques doivent être embarquées dans le temps de formation, et concernent toutes les générations.

Comme le souligne Louise Merzeau, Maître de conférences en Sciences de l'information et de la communication à l'université Paris Ouest Nanterre La Défense dans un écrit : « la dernière imposture en date pourrait bien se nicher dans la notion de « digital native », ou dans ce qu’on cherche à lui faire dire. Que les générations nées avec l’informatique et les réseaux n’éprouvent aucune appréhension face aux machines numériques est une évidence. Qu’elles considèrent l’interface graphique, l’écran tactile ou le clavier de leur téléphone mobile comme des objets plus « naturels » qu’un volume de 500 pages, chacun le constate. Que la pratique du chat et la manipulation des jeux vidéo aient développé le goût des tâches multiples ou des façons particulières de raisonner, c’est fort probable. Mais que ces aptitudes nouvelles soient d’ores et déjà intégrées en un système réflexif, vecteur de connaissance et de socialisation, cela reste à vérifier. La solidarité entre supports et formes du savoir n’est pas en cause, et encore moins la possibilité de forger une culture numérique. Mais il faut pour cela raccorder médiations techniques et politique, apprentissage et croyance, environnement culturel et offre technologique. »

En clair, nous sommes tous concernés. Près de 60% des 11-15 ans ont montré à leurs parents comment utiliser Internet. Plus de 80% d'entre eux sont déjà tombés sur des contenus "choquants" mais moins de 10% d'entre eux en ont parlé avec un adulte. Ces chiffres proviennent du "baromètre Enfants & Internet" publié par Calysto. Et il y a nécessité d’organiser des échanges intergénérationnel pour dépasser le miroir de la technologie triomphante pour réinterpréter la culture.

Pas sûr. Les statistiques du rapport de l’OCDE, Les grandes mutations qui transforment l'éducation 2010,   suggèrent un accès croissant et quasi-universel à l'informatique dans le cadre familial. En revanche, « les données disponibles sur le nombre et l’utilisation des ordinateurs scolaires indiquent que les TIC n’ont pas fondamentalement transformé l’environnement éducatif ni les méthodes pédagogiques employées ». Dans les pays de l'OCDE, le fossé numérique ne se situe plus au niveau de l'accès à l'outil mais de la capacité à s'en servir et à tirer parti des opportunités qu'il offre.

 

 

Formel, informel, non formel, intergénérationnel tout au long de la vie

 

Le rythme d’innovation dans le secteur des technologiques ne cesse de s’accélérer. C’est le tonneau des Danaïdes. Comme le fait remarquer Jacques-François Marchandise dans les prénumériques : « on sera toujours le prénumérique de quelqu'un. Un prénumérique est quelqu'un qui est né avant le numérique, avant l'Internet. » Pourquoi s’en préoccuper ? Ainsi, demain permettra de s’approprier les technologies d’hier.

 

 

Les changements en cours s’organisent de façon systémique et transversale. Il ne se limite pas aux technologies, mais comprend l’économie, le social et le politique. En 2014, 75% de la population accèdera à Internet via son mobile. Mais, pour quel type de consommation ? Pour apprendre ?

Et pourtant ! En 1999,  le professeur Sugata Mitra eu l’idée d'installer un ordinateur sur le mur extérieur de son bureau à Delhi, face aux bidonvilles. « Les jeunes habitants de la « ville dépotoir » montrèrent rapidement de l'intérêt pour ce nouvel outil. Ces enfants n’allant pas à l’école et ne parlant pas anglais ont vite commencé à utiliser l’ordinateur mis à leur disposition par le professeur Mitra. Dès lors, celui-ci observa que les jeunes apprirent le fonctionnement de la machine et s'aidèrent mutuellement» raconte Thot.

L’apprentissage des technologies se fait principalement de façon informel et intergénérationnel. L'apprentissage se fait par la pratique, par l'expérience, des suites d'expérimentation et d'essai/erreur, et grâce à la collaboration. C'est le processus naturel d'apprentissage que tous les humains suivent. Il suffit de voir comment sont utilisés les modes d’emploi….

Les EPN ont de nombreuses expériences et réussites en la matière. Ils accueillent des publics variés qui accèdent rapidement à l’autonomie grâce à un système d’entraide entre utilisateurs. Mais, cela se passe à la maison ou au bureau. Il convient de valoriser ces compétences et de les mettre en mouvement pour apprendre d’autres choses. La technologie devient un moyen et non une fin en soit. Sur cette base, il serait intéressant de passer d’une « vision verticale du savoir » à une « vision en réseau du savoir », donc à son accessibilité.

Les organismes de formation ont pour mission de développer l’apprendre à apprendre et l’autonomie. La séparation entre apprentissage formelle et informelle est beaucoup moins étanche que l’on voudrait le faire croire. Les systèmes sont poreux. Ils se nourrissent mutuellement. Par quoi commencer ? Apprendre à écrire ou écrire pour apprendre ?

Comment accompagner ce changement d’objectif en utilisant les technologies comme levier ? Sachant que les technologies sont en mouvement permanent, peut-on imaginer que les formateurs les apprennent de façon informelle tout au long de la vie ? C’est l’histoire sans fin de l’œuf et de la poule.  Faire avec, c’est comprendre le monde dans lequel nous vivons…. Et s’autoriser à sortir du cadre. Comme le fait remarquer Bruno Latour, directeur du MédiaLab de Sciences Po Paris : «le numérique réalise le rêve de Mai 68 d’effacer la barrière entre enseignés et enseignants » et remet en question le « modèle usuel de percolation du savoir à partir de lieux autorisés ».

 

 

Open source, open content, open learn

 

Les logiciels open source en formation sont nombreux et fiables. La suite openoffice ou le navigateur firefox sont les exemples les plus emblématiques. Plus récemment le projet Sankore propose une suite logicielle open source avec un pilote universel pour tableau blanc interactif, un producteur de ressources pédagogiques au format SCORM et un éditeur qui permet de créer des suites scénarisées. L’ambition de ce programme est de développer un vaste écosystème de création et de partage de ressources éducatives numériques libres et gratuites.

touche CC

 

Ce mouvement est ancien mais il faut désormais compter sur un mouvement similaire sur les ressources. En août 2007, l’organisation Creative Commons a lancé une nouvelle division, Creative Commons Learn (ccLearn), dédiée au monde de l’éducation. Par cette polarisation, elle espère généraliser l’utilisation des Open Educational Resources (OER), des « Ressources d’Education Libre ».

 

 

 

Plusieurs raisons objectives militent pour cette démarche dans une logique de service public :

  • Le partage et la réutilisation peuvent permettre d’améliorer la qualité et de réduire les coûts d’élaboration.
  • Le libre partage va accélérer l’élaboration de nouvelles ressources éducatives, stimuler l’amélioration interne, l’innovation et la réutilisation, et aider les établissements à tenir un registre précis des matériels et de leur utilisation interne et externe.
  • Les organismes de formation (en particulier ceux financés sur fonds publics) pourraient mettre à profit l’argent des contribuables en permettant le partage et la réutilisation en libre accès des ressources.

 

Mais cela nécessite des nouveaux modèles économiques et des règles de répartition spécifiques pour le financement de ce fond éditorial commun. Cependant, l’intérêt existe aussi pour les organismes eux-mêmes :

  • Il est bon pour l’image d’un organisme d’avoir un projet REL qui serve de vitrine pour attirer de nouveaux apprenants.
  • Le libre partage peut être intéressant pour des raisons économiques ou commerciales, pour se faire de la publicité, pénétrer le marché plus rapidement, avoir l’avantage de l’antériorité, etc.

Le mouvement « Open Education » reposant sur le partage ouvert de la connaissance, il est de plus en plus présent sur internet. Nous ne pouvons pas l’ignorer. Il pose de nouvelles questions sur l’économie de l’éducation, mais aussi de la formation. Pourtant, plus nous partageons, plus nous apprenons. Et plus nous apprenons, plus nous voulons apprendre ; une piste pour un cercle vertueux. C’est l’exemple de la démarche d’Open University qui offre un accès gratuit à des milliers de ressources accessible à partir de youtube, iTunesU mais aussi OpenUniversity. Cette ouverture draine des inscriptions en masse.

L’éducation – comme la formation tout au long de la vie - fait partie des biens communs, car elle relève de l’intérêt général. Mais force est de constater que les ressources et espaces d’apprentissage, ainsi que les matériels associés, ont une valeur marchande bien réelle, au risque parfois d’interdire l’accès au savoir à des millions de personnes, avec ou sans Internet. Peut-on imaginer que toutes les ressources pédagogiques du service public régional de formation soient libres d’accès sous licence Creative Commons et de rendre accessible les savoirs ?

 

 

Web 1.0, Web 2.0, web 3.0 ou web puissance 2

 

Le web 2.0, on en parle depuis 2005.  Le terme « 2.0 » est devenu incontournable et se décline sur tous les tons : formation 2.0, pédagogie 2.0, management 2.0, EPN 2.0, etc. Il se démocratise et fait l’objet de nombreux commentaires. La prochaine vague d’innovation s’appellera web 3.0 (web sémantique) ou web au carré (web exponentielle). Les technologies avancent à un rythme exponentiel et leur impact est souvent imprévisible.

 

Quelles compétences faut-il désormais acquérir ? Quels impacts profonds pour la formation continue ?  Le blog de la formation professionnelle donne un tableau et une explication assez intéressante d’usages du web en contexte d’apprentissage. Cela passe certainement par une maitrise des outils ou plutôt à une exploration systématique et collaborative (on ne peut pas tout faire) en imaginant les usages pédagogiques qui en découlent et son insertion dans des scénarios pédagogiques.

 

L’important est de comprendre les articulations et chainage entre les différents services. A titre d’exemple la place de la veille dans la formation et son articulation entre les services Twitter, Netvibes et Diigo. C’est ce que présente Virginie Paillas dans le schéma ci-dessous :

 

 

Quel que soit le terme employé, cela recouvre le web de l’usage. Selon le contexte, le même outil servira des objectifs très différents. Cela remet en cause certaines de nos grilles de lecture puisque nous passons d’une logique de stock à un principe de flux. Les échanges se font pendant et hors du temps de formation. L’appropriation des usages est une nécessité systémique.

 

 

Identité numérique apprenante

 

L’identité numérique recouvre de nombreuses facettes. La première est que nous laissons des traces. Et que celles-ci sont signifiantes : historique de recherche sur un moteur, contacts dans les réseaux sociaux, participations à des forums, écrire dans des blogs, partage de photos, etc. Certaines traces sont maitrisables ; d’autres sont analysées à votre insu comme les données géolocalisées via votre téléphone portable. Tous ces éléments forment votre identité numérique publique, privé, professionnel, intime, etc.  Ainsi les chercheurs peuvent déterminer votre profil (religion, orientation sexuelle, politique, etc.) en analysant vos contacts. La lecture des articles sur Internet Actu est source d’inspiration. La présentation de Dominique Cardon, chercheur à Orange Labs, sur le design de la visibilité donne de nombreuses clés à utiliser dans la formation continue (les cadrans identité civile et identité agissante).

L’apprentissage concerne en partie la construction d’une représentation sociale et donc d’une identité. L’identité numérique apprenante est au cœur des enjeux, une problématique commune à d’autres domaines (e-Santé / e- Administration / e-Citoyenneté). Les communautés, organisations et territoires sont les lieux où les identités se construisent et sont reconnues, agissant comme des agrégateurs de compétences.

A long terme, cette identité numérique apprenante sera au cœur de la formation parce qu’elle permettra de faire le lien entre les apprentissages informelles, non formel et formel. A court terme, il convient de comprendre ses représentations et ses usages.

 

 

La légitimité des (r)évolutions

 

La culture numérique remet en cause la légitimité des institutions et de son organisation. Un peu comme Gutemberg qui, en imprimant la bible dans une langue populaire, remettait en cause l’autorité religieuse de l’époque, soit l’église catholique. Au milieu du gué, la légitimité pose toujours question. Imaginez-vous formateur à l’époque de Guttemberg ? Vous seriez réformiste ou conservateur ? Chacun fait sa propre (r)évolution personnelle.

Les détournements d’usage par une « nébuleuse de contributeurs » risquent de hacker la formation. Il serait sans doute intéressant de construire des modèles durables avec les apprenants plutôt que de subir le changement social.  Tout citoyen étant considéré comme un participant, il faudra choisir des solutions adaptées à la masse sans pour autant nuire à l’individualisation.

L’acquisition de la culture numérique passe par trois étapes essentielles : Utiliser, comprendre, créer… Georges Siemens, un pédagogue canadien, propose un nouveau cadre théorique, le connectivisme où l’apprenant est connecté à un réseau et à des ressources dans un système ouvert. On change de paradigme où il faut apprendre à copier, remixer, transformer, adapter, créer, croiser, métisser les savoirs, à critiquer. Sommes-nous capable d’acquérir et de s’approprier cette nouvelle façon d’apprendre ?

Avant notre monde de surabondance d'information, l'information était (en proportion) plutôt rare. Ou plutôt, le coût de production et de diffusion des journaux, des émissions de télévision, et des livres limitait la quantité, et forçaient un tri de pertinence a priori. La rareté (relative) et la validation avant diffusion nous permettait, sans trop de mal, de se fier à ce qui existait. Disons que la probabilité était de notre côté. Maintenant, la question se complique.  


La lecture de cet interview d'Umberto Eco croisée sur le blog zero secondes  offre un éclairage intéressant. Il propose une distinction entre deux groupes d'utilisateurs d'outils d'accès à l'information: les «pauvres» et les «riches». Ici «pauvres» et «riches» ne sont pas à prendre dans leur connotation matérielle, mais plutôt sous l'angle «d’évolution culturelle».

«Ainsi, la télévision fait du bien aux pauvres et fait du mal aux riches » dit Umberto Eco. «Aux pauvres elle a appris à parler italien ; elle fait du bien aux petites vieilles toutes seules à la maison. Mais elle fait du tort aux riches parce qu’elle les empêchent de sortir voir d’autres choses plus belles au cinéma ; elle leur restreint les idées.»

«L’ordinateur en général, et internet en particulier, font du bien aux riches et du tort aux pauvres. À moi, Wikipédia apporte quelque chose, je trouve les informations dont j’ai besoin. Mais cela est dû au fait que je n’ai pas une confiance aveugle en elle [...]»

Puisque que les riches sont cultivés, ils sont en mesure de croiser et vérifier les sources. «Le pauvre en revanche gobe la première affirmation qui passe, et point final. Autrement dit, il se pose pour Wikipédia, comme pour Internet en général, la question de la vérification des informations.» Internet conserve autant les bonnes que les mauvaises informations. On y trouve, virtuellement, tout et son contraire. Sans recoupement des informations, «s'informer» chez les pauvres équivaut à jouer à la loterie.

Nouvel alphabétisation ? Nouvel illettrisme ? Nouveaux enjeux d’une culture incontournable. Et vous ? Qu’en pensez-vous ?

 

La FOAD est morte, vive la formation (Accès: Lecture : Public)

le 30 Décembre 2010 par François Duport   Commentaires (6)

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L’acronyme FOAD (formation ouverte et/ou à distance)  recouvre des définitions et des réalités très différentes. Il y a certes le consensus du collectif de Chasseneuil (FOAD – L’accompagnement pédagogique et organisationnel, 2001) ; mais aussi la circulaire de 2006 de la DGEFP (Délégation Générale à l'Emploi et à la Formation Professionnelle) qui définit la FOAD ainsi : « Une formation ouverte et/ou à distance, est un dispositif souple de formation organisé en fonction de besoins individuels ou collectifs (individus, entreprises, territoires). Elle comporte des apprentissages individualisés et l’accès à des ressources et compétences locales ou à distance. Elle n’est pas exécutée nécessairement sous le contrôle permanent d’un formateur. »


clavier touche 'command'Les dispositifs donnent dans l’ensemble de bons résultats ; mais nécessitent des investissements importants de la part des organismes de formation (formation des formateurs, infrastructure technique, ingénierie pédagogique, etc.). La FOAD ne se généralise pas. Cela représente en moyenne entre 5 et 10 % du CA d’un organisme de formation qui la pratique. C’était le thème de la rencontre du 29 novembre 2010 à Clermont-Ferrand : «  la FOAD ou l’usage du numérique en formation par les Régions : comment passer de l’expérimentation à la généralisation des dispositifs ? ». A lire la documentation, il semble que la FOAD englobe tout, intégrant les TIC et se présentant comme le moteur de l’innovation pédagogique (voir « La FOAD, état de l’art... et des usages ! » - n° 220 de l’actualité de la formation permanente - juillet 2010). Si la FOAD recouvre toutes formes de dispositifs, il n’est plus nécessaire d’en appeler à sa spécificité. Dès lors, la FOAD doit d’urgence se fondre dans le paysage de la formation.

D’autant que la FOAD n’est pas dénuée de critiques comme ce post de Bruno Devauchelle intitulé A distance, enseigner ou apprendre ? et qui plante le décor : « Voilà un modèle qui dure : il suffit de mettre des contenus en ligne (ou de les envoyer sous forme papier) puis d’envoyer des devoirs à rendre pour dire que l’on fait de la formation à distance ! » A force de mélanger les genres, la FOAD est devenue un mot valise.  Comme le faisait remarquer M. Jacques Naymark, Directeur de Téléformation et Savoirs à l’AFPA, membre fondateur du FFOD « l’acronyme FOAD est transitoire ».  La formation doit se concevoir comme une combinatoire avec une démarche multimodale (temps, lieu, action).

Les TIC ont bousculé cette combinatoire. La distance comme le lieu sont des notions relatives. On se synchronise en permanence les uns les autres. Ainsi de nombreuses applications peuvent être utilisées en présentiel pour fluidifier les échanges entre apprenants. C’est le cas des expériences d’utilisation de Twitter en classe. Il permet d’engager une conversation par nature mobile où la réponse à une question n’est pas obligatoirement immédiate. @davidmartel : « Twitter en classe: les élèves s'entraident, même à 21h... et peuvent aussi avoir une réponse de l'enseignant presque instantanément.» Plus proche de nous, le travail sur le référentiel de compétences a été réalisé en partie à distance et sur une amplitude horaire d’une journée. Chacun se rendait disponible une heure pour contribuer à ce chantier collectif.  Dans les deux cas, la démarche ne demandait pas de moyens financiers, ni de compétences techniques, elle nécessitait juste un scénario d’usage.

Or, que reproche-t-on à la FOAD aujourd’hui ? Elle rencontre de nombreux obstacles tels que des changements dans les pratiques des formateurs, une perturbation du modèle économique des organismes de formation, la résistance des pouvoirs publics en matière de contrôle et de paiement des prestations de formation, nécessitant une évolution du cadre réglementaire…

 

 

Pratiques des formateurs

 

Dans un organisme de formation, les pionniers de la FOAD sont avant tout une minorité active. Ils bousculent les habitudes. Mais rencontrent rapidement des freins. De nombreux formateurs ne maitrisent pas les compétences numériques de base. Il est donc difficile de sentir en autonomie d’usage. Selon le cadre de référence européen, cette compétence clé pour l’éducation et la formation tout au long de la vie « nécessite l’usage sûr et critique des technologies de la société de l’information (TSI) au travail, dans les loisirs et dans la communication... et elle passe par trois étapes essentielles : Utiliser, comprendre, créer… »


tableau blanc graffiti

En Grande-Bretagne, le TBI (Tableau Blanc Interactif) équipe 98% des établissements de l’enseignement secondaire (22 TBI en moyenne par établissement), et 100% des écoles primaires équipées (8 TBI par école). Les rapports montrent que « les compétences des enseignants sont en train de se développer par l’usage et l’exploration ». Et « les élèves ayant utilisé le TBI pendant plusieurs années ont montré des performances supérieures à l’attendu (projection basée sur leurs résultats à l’examen précédent)» Primary Schools Whiteboard Expansion Project. L’acculturation numérique a été progressive. Au regard du guide de communication éducative et de choix technologiques en formation à distance du REFAD, le chemin de la maitrise est beaucoup plus long.  Le changement technique est plus rapide que le changement social. Dès lors, faut-il donner du temps d’infusion, d’échanges et de compréhension entre acteurs avant de mettre de la distance ?

Les pratiques du numérique se développent aujourd’hui plus rapidement dans la sphère privée que dans le monde de l’entreprise. Il suffit de comparer globalement les équipements à la maison et au bureau. La culture numérique s’acquiert principalement de façon informelle et par des échanges entre utilisateurs. Les modules d’auto-apprentissage (voir pour exemple le web social de Sébastien Paquet, pédagogue canadien) sont nombreux. Les expérimentations pullulent et de nombreux professionnels font des retours d’expérience.

L’intégration des TIC dans la formation de tous les jours facilite le passage à la distance, pour devenir une modalité parmi tant d’autres. La FOAD est sans doute une marche trop haute pour la franchir d’un seul coup. Elle n’est pas que technique… Comme l’explique Philippe Meirieu "si le tuteur à distance intervient plus en remédiation et en soutien à l'apprentissage qu'en enseignement, qui lui, est incarné par les ressources médiatisées du dispositif, il n'en est pas moins un acteur pédagogique.[...]"

La FOAD met le numérique à distance. Lors de la rencontre en Auvergne, deux formatrices ont présentées une démarche de FOAD en mode synchrone en direction de public bas niveau de qualification. Pour cela cinq organismes en groupement ont répondu à l’appel d’offre de la Région Haute-Normandie et les formations étaient déployées par le biais d’une quinzaine d’EPN partenaires sélectionnés dans le cadre du programme EPN 276. Cela donne de très bons résultats, entre autre au travers d’un blog de groupes favorisant les échanges entre apprenants. Mais à la question, est-ce que vous utilisez cette méthode en présentiel ? La réponse fut non. En clair, comme l’explique Alain Taché, spécialiste du e-learning et de la formation de formateurs à distance, « cette mutation techno-sociale nécessite de développer de nouvelles compétences » qui dépasse la distance que l’on voudrait y mettre.

 

 

Modèle économique

 

Come le souligne Frédéric Haew dans son blog Technologies et formation, "un projet de  FOAD doit prendre l’augmentation significative des temps d’ingénierie et des temps de production de ressources, bien plus lourds que pour le présentiel. A cet égard, l’expérience montre qu’il est plus efficace de distinguer les deux modèles économiques, celui de la production et celui de la distribution ; dans la phase production, on est dans un modèle de type « édition » avec un retour sur investissement sur plusieurs années." Or, les organismes de formation ne sont pas des éditeurs. Il faut compter en sus des investissements technologiques, importants pour tous les acteurs concernés.

Dans la partie distribution, il faut prendre en compte l’organisation du tutorat à distance et de son impact économique : Avec quelles organisations peut-on faire du tutorat individuel à distance de qualité ? A partir de combien d’apprenants et avec quelle dose d’autoformation atteint-on le seuil d’équilibre ? Enfin cela nécessite de savoir ce qui est imputable et donc facturable. De plus la maintenance doit être prise en compte puisque les modules doivent être remis à jours périodiquement.

Pour être rentable, la FOAD doit trouver un marché de masse où la concurrence est féroce pour les formations basiques ; ou se développer sur un marché de niche où l’équilibre économique est difficile à trouver. La seule solution est de mettre en place des consortiums entre différents acteurs pour arriver rapidement à une taille critique. Cela veut dire la mise en place d’une logique multi-partenariat pour pouvoir toucher le plus grand nombre. Cela veut dire plusieurs organismes de formation et un maillage territorial avec des EPN comme relais commercial et support pédagogique de proximité.

En tout état de cause, la FOAD décrite dans les années 2000-2005 demande un tel investissement que cela pose question. Le modèle économique n’a pas encore été trouvé.  D’autant que la promotion de tels dispositifs est à améliorer. Sur le site Rhône-Alpes Orientation, le moteur de recherche propose en tout et pour tout 11 formations à distance….

 

 

Contrôle et de paiement des prestations de formation

 

Les implications des cinq conditions indiquées à l’article R. 950-4 al.1 (cf. 1.c)) sont précisées par la circulaire pour ce qui concerne les FOAD. Les points de contrôle sont principalement  axés sur l’assistance pédagogique et l’encadrement des stagiaires et centrés sur les moyens mis en oeuvre pour évaluer et valider les formations.

Pour vérifier la conformité des actions de FOAD, les agents du contrôle procèdent à une analyse des circonstances dans lesquelles les prestations de formation ont été réalisées. Il  est indispensable d’avoir mis en place un accompagnement humain, technique et pédagogique pour qu’une FOAD soit imputable.

Les feuilles d’émargement peuvent être remplies sous la forme de signature électronique. Il y a aussi la possibilité pour l’organisme de formation d’utiliser les traces de connexions des apprenants.

Globalement, la région Rhône-Alpes se conforme à ce cadre depuis les derniers appels d’offre. Pour cela, elle s’est basée sur les travaux du groupe de travail animé par le Centre Régional de Ressources Pédagogiques (C2RP) de Nord-Pas-de-Calais et du Service Régional de Contrôle de la DRTEFP, un guide intitulé « traçabilité des actions de formation ouverte et/à distance ». Dans ce contexte, les modalités d'assistance pédagogique constituent un élément central d'appréciation de la réalité de la formation et doivent être clairement définies par la convention.

Au regard de ces règles, il est clair que les dispositifs synchrones ont la faveur puisqu’ils demandent proportionnellement moins d’ingénierie pédagogique puisque c’est une formation présentielle déportée. Cela ne révolutionne en rien la formation, mais offre des avantages indéniables en matière de déplacement.

Le point bloquant de la FOAD principal  est le peu de confiance des donneurs d’ordre en de tels dispositifs. Les mentalités changent lentement. C’est ce qui ressort de la Synthèse de la consultation publique du volet « contenus et usages numériques » des investissements d’avenir : «Dans le monde de la formation continue, le problème viendrait essentiellement d’une offre quasi inexistante, ainsi que de problèmes réglementaires liés à la rémunération des formations à distance. »

 

 

Bénéfices de la FOAD

 

Pourtant à la lecture des retours d’expériences et des témoignages, la FOAD offre des bénéfices indéniables.

miroir - learning and understanding

Pour l’apprenant, c’est l’occasion de s’approprier des usages numériques. Cela crée les conditions pour acquérir plus d’autonomie. Pour les publics de bas niveau de qualification, la formation permet de mettre de la distance avec l’échec scolaire en apprenant dans un EPN. Il serait donc dommage de jeter la FOAD aux oubliettes de l’histoire.

Pour les organismes, c’est l’occasion de mettre à plat leur modèle économique et d’explorer des pistes de diversifications de leurs activités. Les organismes engagés dans cette voie ne veulent pas revenir en arrière. Mais tout cela reste au stade de l’expérimentation.

Reste les fondamentaux aux antipodes de la machine à apprendre qu’explique Philippe Meirieu : « Pour la pédagogie, il est impossible de séparer l'individuel et le social : personne ne peut apprendre absolument seul et la manière d'apprendre révèle toujours une conception de la socialité, des rapports au savoir et au pouvoir. Il n'est aucune connaissance qui puisse être acquise en dehors d'une relation sociale et cette relation peut entretenir l'assujettissement ou, au contraire, permettre l'émancipation. »

 

 

Retour vers le réel

 

Rester sur le modèle le plus couramment admis en FOAD serait périlleux parce qu’il ne prend pas en compte (ou à la marge) des usages numériques et des attentes des publics. Il y a sans doute encore à imaginer des systèmes de formation adaptés aux besoins des apprenants, demandant des investissements raisonnables et favorisant l’innovation pédagogique en tous lieux et sous toutes ses formes.

Les provocations de Michel de Koubé, directeur formation de Nissan Europe, sont des pistes qui méritent réflexions :“Le e-learning est mort…Vive le e-learning (…) : aujourd’hui, il me paraît bon dans l’information, mais n’atteint pas l’efficacité pédagogique, en dépit de coûts de création importants. Il faut que ça change.” Ses pistes ? “Il faut au moins deux choses pour que le elearning devienne un objet pédagogique efficace : il est d’abord indispensable d’avoir des outils de partage de connaissances et de bonnes pratiques, type Wikipedia, il faut également se diriger vers les jeux sérieux collaboratifs et « immersifs ». (…) L’interaction doit se faire avec le monde réel, il faut réintégrer le monde réel dans les mondes virtuels”, conclut-il.



Assises de l'Education 2010 : formation et entreprise
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Retour vers le réel ? En tout cas, le modèle FOAD - ou e-learning - doit se régénérer pour survivre, ou se réinventer. Pour ma part, je pense qu’il est urgent de dissoudre la FOAD dans la formation et de ne plus faire le distinguo entre présence et distance et rapprocher le couple individualisation-collectif. Enfin de réintégrer l’innovation dans le champ de la formation.  Et même dans l’aménagement des espaces d’apprentissages.  De nombreuses études suggèrent que le rythme des innovations ne cesse d’augmenter. C’est vrai  et elles ne sont pas toutes  technologiques, loin de là.

A débattre bien sûr.

Synthèse de la rencontre FormaVia (Accès: Lecture : Public)

le 7 Décembre 2010 par Florian Daniel   Commentaires (0)

Bonjour à tous,

Nous vous remercions pour votre participation à la rencontre du réseau régional FormaVia qui s’est tenue le lundi 8 novembre 2010 à Echirolles. La richesse des échanges nous a permis de produire plusieurs articles de réflexion et compte-rendus qui sont accessibles en ligne. Une synthèse des propositions d'actions à mener est disponible sous la forme de quatre articles :

Les comptes-rendus détaillés des ateliers sont accessibles à partir de la page de présentation de la rencontre.

 

Ces productions visent à construire ensemble les modalités de mise en œuvre de la culture numérique pour tous en Rhône-Alpes, en définissant des pistes d'action à se donner pour l'année à venir.

Les échanges continuent en ligne, n’hésitez pas à partager vos remarques en contribuant grâce à la fonction "commentaire".

 

Si vous êtes intéressés pour intégrer la CoP "Culture numérique" qui travaille activement sur un référentiel de compétences pour les formateurs de Rhône Alpes, réservez dès à présent le 17 décembre pour participer à la prochaine rencontre, et rejoignez-nous en ligne (http://www.formavia.fr/elgg/pg/pages/view/15700/) pour travailler de façon collaborative ce document.

 

D’autres parts, Pratic et formation vous invite à participer le vendredi 28 janvier matin à Lyon à un atelier pratique sur l’utilisation de la plate-forme elgg et sur la pédagogie 2.0.

 

L'équipe d'animation de FormaVia

Un portail multisite adapté aux différents contextes d'usages (4/4) (Accès: Lecture : Public)

le 4 Décembre 2010 par François Duport   Commentaires (0)

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réseau social, projets

 

 

Comment organiser le portail pour répondre aux différents contextes d'usage : dossier de preuves pour le B2i adultes, espace collaboratif pour les projets et communautés de pratiques, portail de ressources pédagogiques, etc... Premières pistes et ébauche d'une architecture multi-site.


Constat d’usages

 

Le dispositif technique de FormaVia est perfectible, cela ne fait aucun doute. Il est cependant nécessaire de faire des choix dans le cadre d’un budget contraint. En choisissant des solutions opensource hébergées, nous garantissons la maîtrise des données dans le temps, tout en faisant l’économie de l’achat de licences et en participant à l'effort collectif d'amélioration des outils libres utilisés. Les ressources ainsi libérées permettent d'améliorer le site au plus près des besoins. Ces évolutions faites au fur et à mesure génèrent de la frustration, mais aussi une plus grande participation et appropriation des acteurs : le sujet est vivant, dans sa forme comme dans le fond. La plateforme sociale (id.formavia.fr) est de plus en plus utilisée au quotidien : la rencontre a permis de faire une critique de l’existant et de présenter un projet d’organisation des espaces. L'ensemble des remarques forme un recueil disparate de petites critiques et améliorations simples et rapides à traiter, mais aussi de chantiers plus structurants et engageants, d'un point de vue éditorial, mais aussi technique.

 

Depuis sa mise en service (juillet 2009), la plateforme sociale est proposée en version beta (phase d'expérimentation destinée à tester et identifier les fonctionnalités, en préparation d'une version plus stable).

Les améliorations concernent l’organisation éditoriale (et de manière générale, la confusion d'avoir des thématiques très diverses au même endroit), la refonte de la page d'accueil, et l’amélioration ergonomique dans son ensemble.

Sur ce dernier point, nous allons mettre en place un blog synthétisant l’activité du réseau. Il permettra en un seul coup d’œil et dès la page d’accueil de savoir ce qui se passe au sein de FormaVia.

Les points suivants seront pris en compte à court terme :

  • identification d’une série de points d'améliorations ergonomiques et graphiques, notamment concernant la page d'accueil
  • valorisation des travaux de FormaVia pour attirer de nouveaux membres, en utilisant une approche " marketing" du site
  • mise en garde sur les difficultés de démarrage et mise en place d'un guide d'accueil

 

Les deux points suivants dépendent de l’architecture fonctionnelle et technique, mais aussi des acteurs qui doivent se présenter. Un effort particulier sera porté lors du passage en mode multisite sur ces trois points :

  • amélioration de l’annuaire des acteurs (en mobilisant les ressources PRAO, et les structures de l’orientation)
  • création d’une cartographie des acteurs / membres du réseau
  • meilleure identification des différents types d'espaces et des thématiques de publication

 

De façon générale, nous allons organiser les retours sur l’utilisation de la plateforme et ses usages possibles en formation, au gré des rencontres mais aussi de manière plus continue via le site.

 

 

Portail multisite

 

Pour faciliter l’organisation de l’information et répondre aux différents contextes d’usage à partir d’une même base technique, la démarche proposée est de mettre en place une plateforme multisite. Cela consiste, à partir d’un socle technique commun, de proposer des fonctionnalités spécifiques pour chaque espace. A ce stade, nous proposons quatre premiers espaces, qui couvrent les différents types de suites susceptibles d'être mis en place par la suite :

Espace public personnel : c’est un réseau social ou un annuaire étendu. Chaque utilisateur possède sa page, sur laquelle il peut organiser et rendre visible ses publications provenant des autres espaces. On peut imaginer que cet espace serve à construire son dossier de preuves pour le B2i adultes ou le C2I professionnel.

Espace éditorial : il regroupe les contributions publiques provenant des groupes ou des projets. C’est un espace de consultation. On peut imaginer sur la base de cette architecture un portail spécifique pour les ressources pédagogiques B2i. 

Espace Groupes : il rassemble les groupes de travail (communautés de pratiques et projets). Cet espace fonctionne comme un extranet et nécessite un login et password pour y accéder.

Cette architecture a pur objectif de clarifier les usages, les pratiques et d’éditorialiser l’information. Les fonctionnalités seront mises en place progressivement, après tests préliminaires sur une version beta, afin d’avancer concrètement dans la définition fonctionnelle de chacun de ces espaces.

 

Inscrire le B2i adultes pour tous dans un territoire (3/4) (Accès: Lecture : Public)

le 3 Décembre 2010 par François Duport   Commentaires (0)

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culture numérique

Si le B2i adultes était déployé sur un territoire, quels sont les préalables ? Comment organiser la démarche ?  Avec quelles modalités pédagogiques ?

Publics cibles 

Il est important que cela concerne tout le monde, sinon on risque de « coller une étiquette », de stigmatiser le dispositif et ce ne sera pas « la culture numérique pour tous en Rhône-Alpes » : B2i adultes pour tous, en formation, en situation professionnelle, ou non. Cela nécessite une communication adaptée auprès des bénéficiaires, et notamment des jeunes, en montrant l’intérêt de suivre un B2i.

Organisation

Avec la circulaire du 27 mai 2010, tout organisme public ou privé intervenant dans le champ de la formation ou de l'initiation aux TIC  peut demander l'agrément ainsi que l'habilitation du formateur. Les DAFCO sont chargées de la mise en œuvre du dispositif.  Il conviendra d’organiser une articulation entre les actions DAFCO et Région sur ce sujet.

Sur le terrain

Le marché peut s’articuler autour de deux axes :

 

  • cursus obligatoire dans tous les parcours de formation pour valider des compétences
  • mise à disposition d’un chéquier / dispositif type ticket net pour les autres bénéficiaires.

 

La mise en réseau des acteurs en charge de ce programme est nécessaire :

 

  • Favoriser les collaborations EPN / OF en passant par les têtes de réseaux EPN et en favorisant les conventions selon un modèle type.
  • Préciser le positionnement des différents EPN vis à vis du B2i ( centre de formation, point d'accès à la FOAD, point d'information du B2i, autres).
  • Rassembler les acteurs qui travaillent au développement de la culture numérique sur un espace commun.

 

Financement

Le financement du B2i adultes doit provenir de : Région, Etat, Europe, Entreprises, CIF, DIF, FSPSPP, (Fonds pour la sécurisation des parcours), etc. Cela rentre dans les programmes e-inclusion ; et les financements doivent être ouverts à tous (EPN, OF).

Un financement de type « chèques parcours » permettrait d’être en mesure d’individualiser et de naviguer entre les structures. Il convient enfin de définir une clé de répartition financière  entre OF et EPN pour la formation à distance. La FOAD n’est plus financée au niveau de la Région Rhône-Alpes, ni par les OPCA.

Modalités pédagogiques

L’acquisition du B2i doit pouvoir se faire dans des modalités ouvertes (à distance, en présence, dans un EPN, un OF, chez soi, de façon formelle ou non formelle). C’est le dossier de preuves qui est la clé du système. Dans ce cadre, la FOAD est adaptée à certains contextes mais pas à tous. Les échanges montrent ces points de vue.

Ainsi, pour certains, il est impératif de proposer un accompagnement au démarrage puis un parcours adapté en fonction des besoins (rythme individualisé, limiter les déplacements quand possible, …). Il faudra définir un « socle de base » en présenciel pour obtenir un minimum d'autonomie des apprenants.

Pour d’autres, l'accès via les  EPN n’est pas forcément nécessaire, cela dépend de l'équipement des personnes et de leur autonomie. Pour certains publics (en ville, équipé, maîtrisant l’informatique …) le tout distanciel peut être envisagé.

Enfin, il y a un vrai intérêt de faire du distanciel dans ce parcours, mais avec tutorat.

Une FOAD doit être construite mais cela prend du temps, il faut un cahier des charges. Il faudra sans doute imaginer des parcours 100% présentiel, des parcours de type blended learning, des parcours à distance avec tutorat, des parcours en auto-formation, et enfin des parcours qui mixe toutes ces modalités. Chacun est bien conscient que cette modalité dépend des contextes et des populations cibles.

Ressources et suivi des utilisateurs

Portail de ressources et réseau de référents

Un portail dédié au B2i adultes recensant les ressources existantes sur le sujet et les scénarios d’usages possibles est une réponse qui fait l’unanimité. D’autant qu’il existe une multitude de contenus utilisables en autoformation ou en tutorat.  Les licences Creative common présentent un intérêt pour construire des parcours à partir de ressources existantes. Dans la même veine, il serait intéressant de produire des micro-supports, construits en liaison avec l’outil de positionnement et accessibles au grand public. Dans tous les cas, il faut produire ou utiliser des supports interactifs (video, etc.).

La mutualisation n’est plus un frein, elle peut même servir de dynamique pour valoriser les productions des uns et des autres dans le cadre d’une action commune.

Suivi des utilisateurs

Pour les suivis des utilisateurs, il y a nécessité d’un groupe de travail sur le référentiel B2i adultes et son dossier de preuves (critères de compétences). Il est possible de s’appuyer sur l’expérimentation B2i de 2009. Les DAFCO (en charge du déploiement B2i) doivent proposer une démarche de validation de compétences. Pour les personnes présentes, la validation des compétences se fait sur des scénarios d’usages plutôt que sur des compétences bureautiques.

En ce qui concerne le suivi des apprenants, on pourait s’appuyer sur le GIBII (gestion informatisée du B2i, par l’Université de Bordeaux)  en l’adaptant au contexte de la formation continue. Dans tous les cas, il faut un outil ultra simple qui permette de suivre la validation des compétences, d’un organisme habilité à un autre

Une compétence clé !

Nous sommes tous conscients que le numérique est devenu une compétence clé. Au-delà des approches, Il convient de partager ensemble des objectifs communs. Est-ce que cette approche est la bonne ? Que pense-vous de cette ébauche de programme ? Déposez vos remarques, elles permettront d’enrichir cette réflexion en cours. 

Pour aller plus loin

 

 

L’accompagnement des professionnels (2/4) (Accès: Lecture : Public)

le 3 Décembre 2010 par François Duport   Commentaires (0)

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Comment organiser un accompagnement des professionnels pour acquérir ces compétences numériques ?  Comment prendre en compte l'individualité des besoins et le collectif ? Quels avantgaes d'utiliser une démarche réseau ?


L’évaluation des compétences

La rencontre du 8 novembre a permis  aux acteurs de réfléchir et s’exprimer sur l’opportunité, les objectifs, les modalités de mise en place  d'un outil de positionnement pour les professionnels de la formation continue. Comment évaluer les compétences numériques des professionnels. Comment le mettre en place ? S’agit–il :

-          d’évaluer la culture numérique d’une personne ? d’évaluer une approche de la culture numérique ? ce qu’un professionnel doit connaître et maîtriser ? mesurer l’aptitude à s’adapter aux évolutions de la société de l’information ?

-          d’évaluer les pratiques pédagogiques ? L’utilisation du numérique dans les actions de formation ?

On peut considérer que la démarche se décline en trois étapes distinctes :

  • Auto-évaluation du formateur sur la base d’un questionnaire commun avec des spécificités métier (Outil de positionnement et auto-positionnement)
  • Auto-évaluation de la structure de type outil de diagnostic RH
  • Audit
  • contrat d’objectifs entre l’organisme et la Région

Cela permettrait de définir des objectifs et des marches de progrès avec un diagnostic par structure. L’évaluation pourrait se faire à partir :

  • Des outils de positionnement qui existent déjà (ex : PIM, PCIE, autres…).
  • En mettant en situation. Comme il s’agit plus de mesurer une « culture » que des compétences (d’autant que les outils TIC ne cessent d’évoluer), il est important de tester les formateurs en situation, à travers des cas pratiques.
  • En diagnostiquant les personnes le temps d’une rencontre : « Testez-vous ».
  • Par un outil régional qui suit les individus dans leur parcours et mesure leur évolution.
  • Par un Serious game (ex : Film machinima ; films réalisés a partir de jeux vidéos).

 Afin de démarrer rapidement ce chantier, il serait possible de s’appuyer sur la démarche et la méthodologie H+ initié par la Région pour le handicap. La Région proposerait une démarche intitulée Digital+ nécessaire pour les structures désirant dispenser le B2i adultes. Les structures concernées sont les organismes de formation et les EPN de Rhône-Alpes.

Il faut donc rapidement finaliser le référentiel « compétences numériques » pour les professionnels.

Sensibiliser les acteurs aux enjeux du numérique

Un programme de sensibilisation et de communication aux enjeux (public cible : directeur d’établissement, responsable EPN, élus…) pourrait être lancé en présentant  les objectifs de la Région en matière de compétences numériques pour créer l’impulsion.  Ce programme de communication permettrait de présenter l’outil de positionnement (avec des profils types et plusieurs scénarios d’usage).

Les objectifs poursuivis seraient :

  • Donner aux acteurs locaux les moyens d’acquérir cette compétence numérique.
  • Former les personnes des associations intermédiaires (employeurs, CNFPT, associations intermédiaires, centres de gestion, CCI, OPCA, Pôle emploi, CPAM, Missions locales, caisses de retraites, ADMR …).
  • Travailler avec le CNFPT, les centres de gestion, les CCI pour faire connaître le B2i adultes.
  • Initier les employeurs à cet enjeu, les sensibiliser à la question de la culture numérique comme pour Pôle Emploi.

Cette démarche de sensibilisation pourrait être testée sur un territoire avant une généralisation. la reconnaissance du dispositif de certification choisi (B2i ou autre) par les employeurs étant une condition essentielle de réussite de la généralisation du dispositif, celui-ci devrait s'accompagner d'une démarche de sensibilisation à large échelle, qui pourrait être prototypée et testée sur un territoire avant généralisation".

Scénario pour accompagner les professionnels

Faire monter en compétences numériques tous les professionnels du secteur semble illusoire. Dans certains organismes, certains formateurs n’ont pas le niveau B2i adultes. Cela nécessite de mettre cet objectif dans les plans de formation en interne. Et cela ne suffit généralement pas. Il faut des mesures incitatives très fortes. Pour autant, la formation des formateurs et l’accréditation des formateurs sont les conditions essentielles pour lancer une généralisation d’un B2i adultes auprès du grand public.

Suite à l’évaluation et l’audit des organismes, la Région pourrait mettre à disposition une boîte à outils composée de :

  • ·         Micro-contenu et modules d’autoformation
  • ·         Portail de ressources
  • ·         Soutien logistique
  • ·         Outils d’accompagnement au changement (accompagnement consultant)
  • ·         Formation de formateurs + ePortfolio pour la certification
  • ·         Certification
  • ·         Bonus en équipement
  • ·         Soutien de proximité
  • ·         VAE pour le C2I avec ePortfolio de certification

L’objectif serait dans un 1er temps que 30% des formateurs passent une certification de type C2I niveau 2 avec un référentiel de compétences numériques adapté au secteur de la formation continue. La démarche pourrait s’étaler sur plusieurs années.

Pour les EPN, cela pourrait se traduire par un accompagnement pour remplir le formulaire DRTEFP et devenir centre de formation agréé.

Les personnes ayant le niveau deviendraient des référents numériques pour leur organisme et pour le territoire de proximité.  Ils participeraient à la construction et la diffusion de ressources. Une cartographie (géolocalisation) des acteurs permettrait de repérer les personnes ressources comme personnes référentes et paires. Dans ce cadre, il faut favoriser les échanges de services entre OF et EPN (formation) et pousser le développement de partenariats de proximité. Cela permettrait de créer un réseau de référents  sur les territoires et dans les organisations….

Pensez le monde de demain

Ce que la Région construit aujourd'hui, c'est l'aménagement numérique de demain, l'infrastructure sociale du territoire rhônalpin. La formation est un enjeu capital, mais surtout structurant : il s'agit maintenant de jeter les bases de l'identité numérique de demain, de donner les clefs des enjeux à venir, sans attendre d'avoir encore creusé l'écart. Dans un monde en perpétuelle transformation, vos remarques sont essentielles pour avancer. Cela peut permettre de ne laisser personne sur le bord de la route. Merci encore pour vos contributions et retours. Qu’en pensez-vous ?

Pour aller plus loin

Etat de l'art

Inscrire le B2i adultes pour tous dans les territoires

Etat de l’art (1/4) (Accès: Lecture : Public)

le 3 Décembre 2010 par François Duport   Commentaires (0)

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culture numérique

La DEFC (Direction de l'Emploi, de la Formation Continue et de l'Egalité Professionnelle) s’interroge sur les modalités de  soutien au développement de la FOAD et de la culture numérique au sein de la commande publique de formation continue de la Région Rhône-Alpes. Ces sujets sont débattus au sein de FormaVia dans les différentes communautés de pratiques et lors des rencontres du réseau. Une série d’articles permettra de faire t une synthèse des contributions du réseau et présentera l’état de l’art.  L’ensemble servira de base à la construction d’un rapport sur l’accès à la culture numérique pour tous en Rhône-Alpes.

La première série d’articles est la synthèse des échanges de la rencontre du 8 novembre 2010. Vos remarques et réflexions permettront d’approfondir et d’enrichir les articles.

Contexte : une région qui s’interroge

La région réfléchit à intégrer la culture numérique dans les prochaines programmations. A ce stade, plusieurs scénarios sont envisagés. La rencontre des membres du réseau FormaVia du 08 novembre 2010 a été l’occasion d’imaginer un scénario de déploiement du B2i adultes accessible à tous les bénéficiaires de la programmation en Rhône-Alpes. Dans cette démarche, il est naturel de penser que les formateurs doivent être habiles avec les technologies afin de pouvoir apprendre à leurs stagiaires comment s’en servir.

La rencontre s’est organisée sous la forme d’un « world café » : les participants échangent au cours de sessions de 20 minutes sur une thématique, puis le groupe suivant profite d'une synthèse des contributions du groupe précédent. Chaque groupe assiste successivement à chacun des ateliers qui s'enrichissent des apports des uns et des autres. Les thématiques abordées étaient :

-          Outil de positionnement des compétences numériques des formateurs

-          Formations, professionnalisation, échanges d’expériences, etc. : modalités pratiques pour acquérir ces compétences (accréditation pour délivrer le B2i adultes)

-          Territoire d’expérimentation, modèles de déploiement pour le grand public, modèle économique

-          Organisation technique du réseau (amélioration de l’existant et outils à intégrer)

La synthèse des échanges permet de dégager une démarche globale basée sur les différentes contributions. Les comptes rendus détaillés de chacune des tables sont accessibles à partir des liens ci-dessus.

Préambule : partager le même language

Au regard des échanges, le terme « compétences numériques » recouvre des représentations différentes en fonction des acteurs. Il devient nécessaire au préalable de définir les produits existants pour les professionnels et le grand public (voir la carte homo numericus http://cmapspublic.ihmc.us/servlet/SBReadResourceServlet?rid=1209485251665_1941966489_4017&partName=htmltext).

 

La culture numérique doit être comprise au sens large du terme.

Pour les professionnels : les formations au numérique dans le secteur de la formation professionnelle ont pour objectif d’acquérir des compétences pour mettre en place et/ou animer des dispositifs de FOAD ou de e-learning. Or, cela a un sens très restrictif. Il n’existe pas de formation généraliste comme dans la formation initiale ou supérieure avec le C2I de niveau 2.  Ce certificat pourrait être prochainement étendu au monde la formation continue.

La communauté de pratiques FormaVia « culture numérique » travaille sur la définition d’un référentiel adapté aux formateurs du secteur de l’orientation, de la formation et de l’emploi.  

Pour le grand public : il existe de nombreux dispositifs : européen avec le PCIE (Passeport de Compétences Informatique Européen), national (B2i adultes, PIM) et régional (Visa Internet en Bretagne et région Centre ; TIMP@SS en Nord-Pas-de-Calais). Les référentiels sont différents d’un programme à l’autre (voir carte). 

Le PCIE est orienté bureautique et ne possède qu’un module consacré à Internet. Le B2i adultes est plus récent mais devrait monter en puissance du fait de sa généralisation dans les collèges et lycées. C’est surtout un bon outil de positionnement. Enfin, les démarches des Régions sont davantage des initiations que des formations. Il existe donc deux démarches possibles, soit s’appuyer sur les dispositifs existants, soit inventer une démarche spécifique locale, comme l’acronyme RACINE : Rhône Alpes Culture Informatique et Numérique pour l’Emploi. Une alternative régionale est toujours possible si la certification est trop complexe à mettre en œuvre.

Les clés de réussite pour essaimer « la compétence numérique »

A la lecture des contributions, il convient de mettre en place un dispositif régional clair avec des mesures d’accompagnement, une démarche pérenne. Les organismes doivent pour leur part remplir des obligations. Les conditions préalables sont :

-          Avoir un certificat reconnu au-delà du territoire régional.

-          Avoir des objectifs chiffrés.

-          Avoir une vraie politique d’évaluation régionale du dispositif. Définir des hypothèses au préalable et les confronter à la réalité.

-          Se donner les moyens de ses ambitions : la région pourrait prendre en charge la formation de formateurs. Une fois le diagnostic numérique établi par structure et par territoire, il conviendra de lancer un cycle de formation des formateurs qui idéalement devrait être pris en charge par la Région pour faciliter cette professionnalisation et cette montée en qualification des structures.

-          Trouver un positionnement entre « donner envie » / « contraindre » / proposer un cadre régional 

o   Concernant l’envie : passer au delà des résistances aux changements qui sont liées à la peur, peut-être à l’âge, ainsi qu’à l’appréhension de la technique. Comment dépasser les résistances aux changements, comment dédramatiser, démocratiser, rendre plus accessible les outils ? Montrer l’intérêt de suivre la formation, notamment en termes de reconnaissance professionnelle (passer par les directions d’organismes, les fédérations de la formation professionnelle, la branche ?)

o   Concernant la contrainte : attention au caractère obligatoire de la « qualification » (ne pas reproduire les dérives du B2i de certification massive comme dans les collèges et lycées sans former les professionnels)

-          Expliquer la démarche globale et la dynamique régionale. Les acteurs de la formation continue doivent bien comprendre le processus dans lequel ils rentrent (ou non). Quel est l’intérêt de positionner sa structure, ses salariés vis à vis des compétences numériques ? Quels sont les enjeux pour la structure, les formateurs ? 

 

Il faudrait que l’obtention du label « compétences numériques de type C2I niveau 2 ait une valeur sur le marché du travail (marchés de la formation continue). C’est un investissement pour les organismes de formation, comme pour les formateurs. Les organismes ont besoin que les financeurs s’engagent dans une politique de stabilisation du réseau des organismes de formation, sans quoi ils auront la plus grande difficulté à former des personnels qu’ils ne sont pas assurés de pouvoir garder dans leurs effectifs aujourd’hui, et par la-même professionnaliser les établissements .

Comment lever les freins ? L’introduction du numérique modifie les pratiques. De nombreux formateurs sont des précaires. Comment intégrer la formation aux compétences numériques au temps de travail du formateur ? Comment financer la formation ?

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Aujourd’hui, Internet chamboule nos pratiques et reconfigure nos métiers. Demain ce sera le tour des équipements mobiles, et la question de l'accès au réseau va se poser sous un nouveau jour. La technologie, par nature en constante évolution, ne cessera de créer des différentiels qui seront toujours plus difficiles de combler, faute de s'y prendre au bon moment. Et ce "bon" moment signifie qu’il n'y a plus un temps unique de la formation initiale, mais bien des temps de formation continue, tout au long de la vie.

C'est le temps de la formation qui permet de progresser régulièrement, au fil de ses activités, à travers des modalités qui permettent des échanges suivis, sur la durée, et sans limite d'heure ou de lieu. La technologie peut être une contrainte comme une opportunité - comme de savoir conduire - c'est avant tout un outil qu'il s'agit de maîtriser pour ne pas en subir le manque.

Il ne s'agit pas d'imposer une approche "technologique" pour autant : c'est l'intérêt qui compte, pour l'accès à l'emploi comme dans le cadre de ses activités quotidiennes ; la maîtrise vient par la pratique, et il s'agit surtout de donner à tous les clefs pour y accéder, bien plus que des procédures figées.

La formation a vocation à sortir des murs, à irriguer les entreprises et les institutions. Elle ne se cantonne déjà plus aux centres de formation, ni aux heures de formation, ni aux manuels et supports papiers. Elle mobilise toujours des ressources tierces, parfois mutualisées, s'organise entre apprenants et entre pairs formateurs, s'étend sur la durée, et propose parfois des plateformes d'échanges accessibles bien au-delà des formations. Qu’en pensez-vous ?

Pour aller plus loin